Mon compte

Conjoncture

 

Conjoncture avril 2017 : Bilan de l’année 2016 et perspectives 2017.

La confiance des ménages, en février 2017, est au niveau de sa moyenne de long terme. Les ménages continuent d’avoir une vision dégradée sur la question de l’emploi, mais celle-ci reste stable. Dans l’analyse, ils intègrent la part de pouvoir d’achat qui leur a été rendue par le recul des prix de l’énergie et anticipent un certain retour de l’inflation, tout du moins une hausse des taux d’intérêt. Ceci apparait dans une progression, à la fois de l’opportunité d’effectuer des achats importants et de l’opportunité d’épargner. En particulier, le nombre de crédits accordés aux ménages est en forte hausse ainsi que les ventes immobilières tant dans le neuf que dans l’ancien.

Le climat des affaires, mesuré par différents indicateurs, reste dans le zone de croissance bien que moins bien orienté en mars. L’absence de scénario solide quant aux modalités du Brexit, la période pré-électorale en cours, l’incertitude liée aux divers points chauds géopolitiques sont, à l’évidence, générateurs d’attentisme.

L’activité productive, mesurée par les indices de production industrielle, reste stable, très légèrement au-dessus de la moyenne constatée sur l’année 2010. Elle est conforme à la perception des entrepreneurs, vue à travers les indicateurs de climat des affaires.

Depuis le second semestre 2013, ce sont les industries du transport qui sont le moteur de croissance de la production industrielle : les industries ferroviaires, dont les perspectives sont aujourd’hui moins encourageantes, les industries aéronautiques et spatiales dont l’évolution est liée au développement de leurs capacités de production, et le secteur automobile qui est depuis 2015 le meilleur moteur de la croissance.

Lorsque l’on évoque la croissance, le solde du commerce extérieur est souvent considéré comme son maillon faible. Le tableau ci-dessous montre l’évolution des soldes commerciaux 2016 avec une sélection de partenaires, par grand secteur industriel. A noter que l’ensemble des industries métallurgiques fait apparaître un solde négatif contenu, l’un des déficits plus importants en 2016 touche plus spécifiquement l’industrie des machines et équipements, clients importants du secteur des métaux. Les meilleurs résultats ainsi que ceux qui le sont vraiment moins affectent des industries moins consommatrices de métaux.

L’activité de nos principaux secteurs clients aurait progressé de 3 % en 2016, la faible activité des industries liées à l’énergie, notamment celle des tubes étant corrigée par la croissance du secteur automobile (+ 6,4%).

Les immatriculations de véhicules neufs dans l’Union Européenne ont augmenté de 6,8 % en 2016 par rapport à l’année précédente. Les marchés du sud de l’Europe, Espagne et Italie, très affectés par la crise de 2008/2009 montrent des progressions à deux chiffres, respectivement 10,9% et 15,8 %. Le marché français est en progrès de 5,1 %.

Les tendances constatées depuis deux ans ne sont pas infirmées : une performance contenue pour les marques généraliste, à l’exception des marques Fiat et Renault, une croissance à deux chiffres des premiums.

Le consensus de prévision 2017 montre une activité du secteur automobile en croissance mais dans de moindres proportions : 3,2 % pour l’Europe et 2,6 % pour la France.

Le secteur de la construction, en 2016 a légèrement reculé (- 0,2 %) en Europe avec de très grandes disparités entre les pays. Le fort repli des pays de l’Est de l’UE contraste avec l’évolution positive marquée de la Suède et de la Finlande. L’Espagne semble être en passe de clore le dossier de la crise immobilière.

Pour la France, l’année 2016 a confirmé la reprise de vente de biens résidentiels neufs et des demandes de permis de construire. Par contre, compte-tenu du phénomène, d’hystérésis importante de l’activité réelle par rapport aux commandes et projets, la reprise n’a pas été perçue. Un décollage de l’indice de production du bâtiment apparait seulement en février 2017.

Compte-tenu de la part de l’activité entretien réparation (incluant la rénovation thermique bénéficiant d’incitations fiscales) qui représente une part majoritaire du bâtiment (52 %), la construction en France aurait progressé de 1,5 % en 2016 et augmenterait de 3,3 % en 2017.

Les industries mécaniques en Europe n’ont connu qu’une faible croissance en 2016, de l’ordre de 0,7 %, composée d’une activité plus soutenue en Pologne (3,2 %), en Espagne (+ 2,0 %) et d’une stagnation ou d’un repli (Allemagne, Royaume-Uni).

Pour la France en 2016, une progression de 2,0 % de l’activité de la mécanique a été retenue. Les mesures d’incitation à l’investissement ont eu un effet évident et ont plus que compensé la faiblesse des marchés d’exportation. Pour 2017, il semblerait que les commandes à l’exportation soient en train de se redresser et que l’effet du suramortissement soit encore présent dans les premiers mois. Ce qui conduit à une prévision d’activité des industries mécaniques en 2017 de + 1,6 %.

Ces constats et prévisions sont établis par la commission conjoncture d’Eurofer à laquelle participe A3M).

Elle élabore également une prévision de la consommation apparente d’acier qui, pour 2016/2017, se présente ainsi : .

En 2016, la consommation apparente en France aurait progressé d’un peu plus de 4 % avec en particulier un 4ème trimestre en net progrès, probablement dû à un besoin de reconstitution des stocks outils et intermédiaires).

Pour 2017, la prévision pour le marché français s’appuie sur une activité du bâtiment en net progrès (croissance plus que doublée par rapport en 2016), une stabilisation des industries liées à l’énergie et pour les autres secteurs une croissance globalement divisée par deux par rapport à 2016. Ainsi, le bâtiment qui représente 35 % de la consommation serait le principal moteur de croissance. Ces hypothèses conduisent à une prévision de progression du marché de l’ordre de 2,5 % par rapport à 2016).

Sur l’Union européenne, la consommation apparente d’acier, en 2016, serait de 155 millions de tonnes soit + 2,0 % par rapport à l’année 2015. En 2017, la consommation apparente d’acier dans l’UE devrait croitre légèrement, + 0,6 % soit 156 millions de tonnes.).